mardi 11 décembre 2018

Ghandizilla

Toutes mes réponses sur les forums

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 55)
  • Auteur
    Messages
  • en réponse à : Entrer dans l'industrie #1067

    Ghandizilla
    Participant

    UPDATE 6 MOIS PLUS TARD : J’ai renoncé à tout projet de professionnalisation, en ayant pourtant dégagé mes premiers revenus musicaux dès le mois d’avril. La dépression due au manque de temps s’est amplifiée par la réalité de cette industrie : devoir faire des choses qui ne me plaisent guère mais qui sont vendables, au point de me retirer tout plaisir dans la pratique qui me passionnait. Depuis un mois, j’ai mis toutes mes activités artistiques en pause pour une durée indéterminée (probablement pour quelques mois). Toutes mes œuvres sont de nouveau sous copyleft, comme c’était le cas avant ce projet de professionnalisation. J’ai découvert sur VI-C (dont j’ai été banni en juin suite à un litige avec Hans Zimmer, puis réintégré le 30 septembre, tandis qu’entre temps j’avais échoué de très peu d’entrer dans le catalogue Warner Chappell) que j’étais loin d’être le seul compositeur dans ce cas. Je me dis au final que dans certains cas, quand on ne trouve que des clients philistins, il vaut peut-être mieux être amateur et heureux.

    0
    en réponse à : Musiques composées pour 2 showreel #1056

    Ghandizilla
    Participant

    Sur la musique du mariage, j’aime beaucoup la cohérence et la continuité de l’arrangement. Le mixage est très propre, bien que l’espace ne soit pas « réaliste » (au sens où de vrais musiciens ne pourraient pas jouer la chose telle quelle sans fuck up tous les niveaux, sans compter des petites bizarreries au niveau des cordes, genre vlns1 vlns2 et altos à la fois unisson et divisi ?!), mais cet espèce d’espace impossible que je mentionne n’est pas un reproche, puisque c’est un choix esthétique comme un autre 🙂 En revanche je bloque plus sur la rythmique : en effet, elle me semble un peu casser l’humeur générale du morceau, hors des gonds.

     

    J’aime beaucoup le director reel, parce que le processing du son est top, et le choix esthétique type trailer music est complètement assumé de bout en bout, sans rien qui jure dans le lot. Donc un grand bravo pour ce travail.

    0
    en réponse à : Entrer dans l'industrie #1055

    Ghandizilla
    Participant

    Ptet l’occasion de faire une update, ça fait depuis décembre :

    – je n’ai pas encore lancé de site, faute d’avoir suffisamment de compositions « vendables » (j’avais donc été un peu optimiste avant Noël, et il a fallu que je me fasse défoncer lors de la masterclass de Noël de Mike Verta pour vraiment me remettre en cause)

    – je m’étais inscrit au Marvin Hamlisch Contest mais la deadline est demain (le 13 avril), et en travaillant 50h par semaine sur mes 2 métiers hors-composition, bah je n’ai pas eu le temps de terminer dans les délais -_- (j’avais donc été un peu optimiste sur les concours)

    – en revanche je n’ai pas eu trop de difficultés pour faire entrer des compos dans des music libraries : je commence à avoir des micro-rémunérations qui arrivent, mais vraiment minimini hein (30 balles par mois sur les deux premiers mois)

    Je pense donc qu’une voie viable quand on a très peu de temps, qu’on ne peut pas trop locker un calendrier ou se soumettre à des deadlines strictes, ce sont les music libraries. Mais pour ne pas que ce soit ingrat (éviter l’effet « netariat »), et pour espérer à un moment faire monter les revenus, il vaut mieux au début aller sur des sites de licensing non-exclusif pour pouvoir téléverser les mêmes morceaux sur plusieurs plateformes simultanément. Attention : garder les informations (tags, descriptions) de chaque morceau dans un tableur permet de ne pas y passer trois plombes à chaque fois.

    Un autre truc qui peut aussi faire décoller la situation, c’est essayer de collaborer avec d’autres artistes. J’ai fait un arrangement cordes pour un groupe de rock connu, donc quand leur album sortira en septembre, je verrai bien si ça change quelque chose me concernant. Un ami me propose de faire des musiques sur des vidéos de formation à Photoshop : mine de rien, c’est le genre de vidéo qui peut générer beaucoup d’affluence. Appeler les copains (ou copains de copains) qui font des trucs et croiser les doigts, en gros.

    Hormis cela, on tend à faire beaucoup de mock-ups de pièces qu’on aime bien pour en assimiler le vocabulaire. Je me demande si mettre en ligne certains de ces mock-ups peut générer du trafic, ou si le trafic que ça génère étant très niche (en général d’autres compositeurs), c’est un peu vain.

    0
    en réponse à : Outils d'esquisse pour les débutants #1017

    Ghandizilla
    Participant

    Le hautbois est l’instrument le plus difficile à orchestrer pour les débutants (je mettrais en seconde position de difficulté les cuivres en général, à cause de leur puissance difficile à équilibrer). Cette difficulté est la raison pour laquelle il était aussi absent du Rhapsody Orchestral Colours. Son timbre nasal ne se mélange pas bien aux timbres ronds de la flûte et de la clarinette. Rimsky-Korsakov recommande (on trouvera ensuite le même conseil dans tous les traités d’orchestration : Adler, Wagner, Belkin…) lorsqu’on harmonise avec des bois de caler le hautbois entre les deux clarinettes voire de les faire s’enjamber (faire un maillage avec deux quintes) pour obtenir un « mélange ». Il est également recommandé d’ajuster les dynamiques du hautbois légèrement en retrait par rapport aux autres bois. Donc bref : le hautbois, ça se mérite 😀 En comparaison, niveau cuivres, on peut appliquer la technique « encercler » avec les cors, mais la technique « maillage/enjambement » n’est pas nécessaire et ferait même perdre les registres optimaux des différents instruments : en général on se satisfait d’une solution simple type « le trombone le plus haut et le cor le plus bas se doublent ». Il n’y a donc que les bois qui soit compliqués à assigner harmoniquement, et c’est à cause des hautbois.

    C’est une excellente nouvelle que Red Room Audio confirme ce qu’ils avaient déjà annoncé sur VI Control : que niveau extensions, ce n’était que le début, et qu’à terme, le Sketchpad avec les extensions pourrait être comparable niveau contenu à un orchestre complet (un peu comme ce que propose Orchestral Tools : pupitres séparés comme dans leurs « expansions », sections séparées comme dans leurs bibliothèques « core », offres d’ensembles à la Metropolis, banques outils pour les runs et autres, et ainsi de suite dans une optique de parfaite interopérabilité entre les différents produits). Impossible néanmoins de savoir s’ils vont vraiment aller au bout de cette démarche ou non.

    Niveau synthé, en revanche, je recommande d’aller vers quelque chose qui te permette de « tailler » ton propre son : dès qu’une banque synthé/sounddesign/textures sort, elle tend à être surutilisée. On l’a vu avec les patches « Dystopia » de Symphobia, devenus quasi-inutilisables tant ils sont littéralement présents dans les trois quarts des séries TV, on le voit avec tous les produits Heavyocity aussi, mais aussi avec Output et Audio Imperia. Je me détournerais donc de tout ce qui est « clé en main » pour aller sur du 100% paramétrable : u-he Zebra et u-he Diva sont des musts (utilisés par Hans Zimmer), mais aussi Omnisphere pour les sons hybrides. J’irais vraiment en tout cas sur un produit dédié qui ne soit pas une banque de samples, avec lequel bidouiller les potards au pifomètre (tout le monde fait ça avec les synthés 😀 ) jusqu’à ce que ça fasse un « dzing patascrach prout » sympa.

    0
    en réponse à : Outils d'esquisse pour les débutants #1014

    Ghandizilla
    Participant

    Tu me sembles donc bien parti sur l’option « pas des masses de temps, ayons d’emblée l’orchestre complet, mais évitons de tâtonner des mois en essais infructueux avant de disposer d’une palette de combinaisons qui fonctionnent ». Regarde les walkthroughs de Inspire, Palette, mais aussi ceux Spitfire Bernard Herrmann Composer Toolkit ; n’accorde pas trop créance aux démos, qui sont parfois très traitées (surtout chez 8dio, mais pas que), ou sonnent très bien uniquement parce que c’est très bien orchestré (mais sonneraient affreusement sur des orchestrations moyennes, là je pense aux démos d’Andy Blaney pour Spitfire). Bref, les démos, c’est fait pour vendre, c’est moins honnête qu’un walkthrough. Les chaînes entièrement consacrées aux critiques de bibliothèques de samples sont pour 90% subventionnées par les éditeurs « critiqués » (difficile de dire du mal de Spitfire quand Spitfire t’a filé l’équivalent de 2000$ de samples, gratos, et que t’espère aguicher d’autres éditeurs derrière).

    Outre les walkthroughs, n’hésite pas à piocher dans des vidéos de compositeurs comme Daniel James, Dirk Ehlert, Ashton Gluckmann, qui testent des bibliothèques en situation réelle de composition. Tu peux aussi aller sur des forums anglophones comme VI Control pour demander à des gens qui possèdent effectivement les bibliothèques qui t’intéressent de te faire des comparaisons A/B. Tu crées un topic, en moins de 24h tu as des éléments de réponse. Je ferais un peu de tout ça en tout cas avant d’exploser mon budget MAO annuel 😉

    0
    en réponse à : Outils d'esquisse pour les débutants #1012

    Ghandizilla
    Participant

    Pour ma part j’ai commencé il y a 14 ans sous Edirol Orchestral. Dans mon expérience personnelle, au début, je fonctionnais avec des patches String Ensemble, une section bois sans basson, et une section cuivre sans tuba, juste pour ne pas me sentir trop débordé.

    Mais j’ai beaucoup galéré après à me sortir des facilités d’écriture dans lesquelles m’avait conforté le patch « String Ensemble ».

    Ce que conseille le prof d’écriture du Conservatoire où je travaille (ça vaut ce que ça vaut, mais j’ai pu lire le même conseil chez Thomas Goss, le mec de Orchestration Online) : quand on débute réellement, il faut écrire uniquement pour cordes. Puis après, une fois qu’on est à l’aise, cordes + bois. Puis on ajoute les cuivres. Puis on ajoute les percussions.

    Mais si on est un peu pressé d’avoir des trucs sonnants (et trébuchants ? 😉 ), l’aiguillage fourni par des banques intermédiaires entre ensembles et sections comme Inspire et Sketchpad + Brushpack 01 peut aider. Donc tout dépend du temps que tu t’accordes en fait ! Dans tous les cas, fuis les banques qui ne proposent que des ensembles (comme OE, Albion One, le Sketchpad tout seul), et sur des banques intermédiaires comme Inspire ou les Metropolis, sache que ce n’est pas « auto-suffisant », qu’il faut quand même compléter derrière pour ne pas être enfermé toujours dans les mêmes palettes (sans mauvais jeu de mot).

    Tu écris dans ton premier post « aimer la simplicité ». J’ai interprété ça comme un « pas envie de se prendre trop la tête pour sortir un truc qui ait de la gueule ». D’où les suggestions qui vont plus vers des banques intermédiaires, qui en t’aiguillant t’évitent les combinaisons casse-gueule.

    Mais si tu te vois vraiment apprendre sur la durée, et que ton critère de simplicité est un critère type « je déteste le mixage, je veux que ça sonne à peu près correctement out-of-the box » (même si le mixage reste important pour de multiples raisons type combiner différents espaces, rendre les timbres clairs et distincts, personnaliser le son), dans ce cas là, il existe en effet des orchestres enregistrés dans la même salle (ce qui enlève la nécessité de mixer), dont on peut acheter les sections une par une.

    Cinematic Studio Series : très bien, les legatos sont ouf, mais le son fait très golden age Hollywood
    Cinesamples : le son est plus puissant, plus moderne, mais tu auras du mal à faire du lyrique avec
    Spitfire : un peu l’inverse de Cinesamples, on est sur des enregistrements qui sont particulièrement bien faits sur des dynamiques douces, mais qui ne montent pas dans les ff/fff
    Hollywood Orchestra : un peu dur à mettre en oeuvre (prévoir une piste par articulation…), les cordes et cuivres restent au top malgré l’âge de la bibliothèque. Surtout, imbattable niveau rapport qualité/prix.
    Orchestral Tools : je déconseille au débutant, c’est détaillé pupitre à pupitre au niveau de l’orchestre d’harmonie
    On peut mentionner Auddict aussi, qui propose des sections pas chères, qui manquent un peu d’identité mais sont d’un niveau qualitatif tout à fait comparable à Cinesamples & co.

    Si t’es dans une configuration : « je peux acheter progressivement les sections et m’accorder un an pour atteindre l’orchestre complet », je conseillerais Cinematic Studio Series. Si tu as des problèmes de budget : Holllywood Orchestra. Si tu as peu de temps, je maintiendrais l’idée d’un produit comme Inspire complété avec une souscription Composer Cloud pour pouvoir mobiliser le Hollywood Orchestra au besoin.

    0
    en réponse à : Outils d'esquisse pour les débutants #1010

    Ghandizilla
    Participant

    Oui, avec le brush pack « Melodics », Palette s’approche de Inspire. Si tu te bornes au sketchpad, tu risques de tomber dans les difficultés que j’ai mentionnées plus haut. (Idem pour Orchestral Essentials.) (Je me rends compte que j’ai un peu tout mentionné pèle-mêle, mais de fait, je ne mets pas du tout des produits comme The Orchestra dans la même case que des produits comme Orchestral Essentials, et quand je mentionne Palette dans les dernières lignes de mon dernier post, je parle juste du Sketchpad : je préfère le préciser au cas où 🙂 )

    Inspire ou Palette (avec brush pack 1) te placent dans des configurations où tu n’es pas confiné à des ensembles, ce qui est vraiment bien pour éviter de prendre de mauvaises habitudes. Perso, je partirais sur Inspire + Hollywood Orchestra (via Composer Cloud), pour ne pas non plus être enfermé toujours dans les mêmes combinaisons (c’est le risque avec ces solutions intermédiaires entre « ensembles » et « sections séparées »). Ce point mérite une explication.

    Regarde Inspire : tu as violons 1 et 2, tu as strings hi (sans doute violons 1 à l’octave + violons 2 et altos l’octave en dessous). Mais que se passe-t-il si tu veux faire violons 1 et 2 à l’octave sans altos (p. ex. dans un cas où tu as besoin de mettre tes altos en divisi pour combler la série harmonique, ou dans un cas où tes altos font les accents dynamiques des violoncelles) ? Idem pour les cuivres : super cool d’avoir les sourdines et tout, mais imagine que tu aies besoin de faire un truc moins rond que trompettes + cors pour une contremélodie, que tu sois plutôt dans un truc gras comme trompettes + trombones façon marche impériale ? On peut imaginer des milliers de cas où tu seras content de pouvoir piocher les sections séparées qui te manquent pour atteindre la couleur désirée 😉

    Pourquoi ne pas juste prendre Hollywood Orchestra dans ce cas ? Parce que mine de rien, Inspire (ou le brush pack 1 de Palette) a un pouvoir de suggestion qui peut te servir de boussole si tu es perdu, en t’aiguillant vers les combinaisons et les solistes les mieux balisés, les plus « safes » de l’orchestre.

    0
    en réponse à : Outils d'esquisse pour les débutants #1007

    Ghandizilla
    Participant

    Je suis assez d’accord :
    – l’avantage des bibliothèques d’ensemble, c’est qu’on ne se sent pas complètement débordé
    – mais leur désavantage, c’est qu’on peut tellement s’y accoutumer qu’après, le saut à de l’orchestration par sections (et a fortiori, à l’orchestration « sérieuse », quand on se pose des questions type « il faut combien de temps au second hautbois pour attraper un cor anglais ? », « je fais comment pour chauffer mes cuivres avant de les lancer sur du ff ? », « il me faut combien de harpes pour jongler dans un timing correct entre les différents jeux de pédale ? »), ce saut là peut s’avérer insurmontable, ou en tout cas très difficile, à cause des habitudes déjà ancrées
    – en ce sens là, 100% d’accord avec Daniel: Inspire me semble vraiment bien

    Un conseil pour ne pas se sentir débordé : ne pas se sentir obligé de faire intervenir tout le monde, penser « horizontal » davantage que « vertical », se décomplexer en regardant des partitions du répertoire (« tiens, là on a trois minutes entières on n’entend pas un seul cor »).

    Les bibliothèques d’ensemble sont bien pour débuter uniquement si on ne s’y attarde pas : en ce sens, si tu n’as pas le budget pour investir dans une bibliothèque plus détaillée dans les mois qui suivent, il vaut mieux investir directement dans une bibliothèque plus détaillée. A la rigueur, tu pourras revenir sur une bibliothèque d’ensemble plus tard, pour « esquisser » les idées rapidement, sans y passer trop de temps. En ce sens là, Palette me semble très utilisable avec l’extension mélodique et en utilisant les tailles « chamber ». Orchestral Essentials t’enferme trop dans le « bombastic ». The Orchestra est trop superficiellement samplé. Mais je déconseille d’utiliser les bibliothèques d’ensemble autrement que pour de l’esquisse rapide, ou à la rigueur, du layering (un bon patch « String Ensemble » qui double les sections séparées de cordes peut faire une formidable « glue »). My two cents pour Palette: si pour tout de suite, pas plus de quelques mois, pour débuter, ou sinon, si pour plus tard, adapté pour des usages type esquisse/layering. Recommandation: Inspire.

    0
    en réponse à : Ressources pédagogiques utiles à l’orchestration #1001

    Ghandizilla
    Participant

    Bonjour Daniel,

    En effet, la mélodie est le nucleus du morceau, sauf si on part plus sur de l’effectivité physique, auquel cas des éléments rythmiques et/ou de texture vont devenir prédominants, ce qu’ont bien montré des compositeurs comme Stravinsky ou Penderecki. Je n’ai pas de problème particulier à écrire des mélodies. J’ai même beaucoup trop d’inspiration à ce niveau là. Il ne se passe pas une journée sans que j’ai 2-3 bonnes idées de mélodies, cependant que je dispose de moins de 3h par semaine pour faire de la musique 😀

    Ainsi, mon problème particulier est de rester sur une idée musicale et de la développer, la fâcheuse tendance étant de « zapper » d’idée toutes les vingt secondes. D’où Mike Verta : « nobody can lock on to that ». « It’s a mess. » Il s’est même demandé si je n’étais pas un troll o_o « Are you rickrolling me? » Le fait d’avoir abandonné le tout séquenceur, et d’avoir fini par sortir le papier et le crayon, est une sorte de « tuteur » (comme on met un tuteur à un arbre) pour m’éviter de buissonner. Il n’est pas exclu qu’une fois que j’aurai laissé tomber l’un de mes deux boulots, le temps récupéré suffise à me « calmer », mais en attendant, je n’ai pas trouvé mieux 😉

    Ca dépend donc vraiment des personnes : quelqu’un qui sait se poser sur une idée peut je pense se lancer direct sur le séquenceur (voire faire toute la composition et l’arrangement uniquement sur papier en s’appuyant sur sa seule oreille mentale si elle a été suffisamment travaillée, j’en connais à Poitiers qui font ça), tandis que quelqu’un qui est complètement hyperactif comme moi a besoin d’auxilia pour le canaliser. Je soupçonne que la majorité des compositeurs se situe quelque part entre ces deux pôles, à des degrés divers, d’où la diversité des workflows. Ce qui n’empêche pas de s’inspirer de ce que font les autres quand on sent que ça pourrait personnellement nous aider.

    0
    en réponse à : Ressources pédagogiques utiles à l’orchestration #998

    Ghandizilla
    Participant

    J’ai un peu changé mon workflow depuis un mois, après m’être fait bien démonter lors de la dernière masterclass de Verta. Je ne joue plus que les grandes lignes au piano et de plus en plus le papier est de mise pour chiffrer l’harmonie et structurer. Si je n’arrive pas à chiffrer l’harmonie sur le papier, c’est que je ne la contrôle pas.

    Mon souci en novembre/décembre était que : séquencer et non jouer le piano me faisait sur-écouter mes phrases sous des formes partielles, fragmentaires, et je finissais par entendre des trucs bizarres comme s’ils étaient normaux ; d’autre part, essayer de « filer » un morceau entier au piano, à deux mains, en restant sur le tempo, et sans partir en cacahuètes s’est avéré au-dessus de mon niveau pianistique. De fait, quand on n’a pas un gros niveau au piano, le papier dépanne vite !

    Ainsi, même à l’échelle individuelle, il n’y a pas de vérité définitive : un workflow, c’est quelque chose qui est pris dans un flux 😉 Et vous, comment travaillez-vous ?

    0
    en réponse à : Comment rendre son orchestration vivante et réaliste ? #996

    Ghandizilla
    Participant

    Petit ajout plus philosophique : la plupart des sons que l’on considère comme « réalistes » ne le sont pas dans la mesure où ils font violence aux idiomatismes des instruments ; ce sont souvent juste des choses qui sonnent bien, qui ont été popularisées lors des vingt-cinq dernières années, auxquelles on s’est habitué, et qu’on finit par qualifier de réalistes, l’habitude aidant. De fait, les instruments réels jouent de plus en plus sur le modèle des instruments virtuels, quitte à faire des choses qui ne leur sont pas naturelles : legato 100% slurrés et préférence pour les shorts, normalement. Je ne parle même pas des abominations qu’il devient commun de faire commettre aux cuivres, mais ça les épuise en quelques mesures, nos musiciens.

    Je ne poserais donc pas les choses en terme de réalisme mais en termes d’esthétisme, puisque les cartes se brouillent de plus en plus sur la question de ce qu’est le réalisme. C’est très baudrillardien tout ça, proche de ses textes sur la « haute fidélité », mais c’est un intéressant débat que je rencontre de plus en plus dans les discussions entre media composers.

    0
    en réponse à : Comment rendre son orchestration vivante et réaliste ? #995

    Ghandizilla
    Participant

    Bonjour Paul !

    Vaste question, quête infinie.

    Tout d’abord, pour bien délimiter l’impact relatif des instruments virtuels sur le réalisme :
    – L’arrangement joue beaucoup : textures, gestion des contrastes, épaisseurs harmoniques, structure dynamique. Le vieux EWQLSO peut ainsi littéralement nous confondre sur des morceaux très bien arrangés.
    – La maîtrise des samples est longue. J’y ai passé deux ans avant d’atteindre un niveau juste passable sur le choix des instruments virtuels, la programmation MIDI, les techniques de mixage propres aux instruments samplés, négligeant des questions fondamentales de composition sur lesquelles je travaille aujourd’hui (quasiment pas de STAN depuis un mois, juste piano + crayon). Attention donc à la chronophagie d’une telle entreprise, ce n’est pas un problème qui se résout en quelques mois !

    Ces petites mises en garde faites :
    – Un bon début peut être le cours de Ask Video The MIDI Orchestra, qui donne pas mal de techniques de programmation MIDI applicables sur n’importe quel instrument virtuel. Je recommande aussi le cours de Mike Verta, « Virtuosity », pour tout ce qui touche au mixage. Il fait fond sur ce que Shawn Murphy (l’ingé son de Jurassic Park) applique quand il doit travailler avec des samples.
    – Je constate que tu utilises des instruments avec peu de round robins, peu de possibilités de moduler l’espace avec les positions de micro, et peu de dynamic layers. Donc ils seront plus difficiles à faire « sonner » et à mixer que des instruments récents. Néanmoins, en associant les paramètres attack et releases de tes sustains à un potard d’automation ou un contrôleur MIDI, et en jouant avec ces paramètres, tu peux simuler du legato plutôt convaincant. Il y a aussi les scripts SIPS si tu ne veux pas t’embêter, mais honnêtement, en prenant le temps de soi même gérer les enveloppes, on peut parvenir à de meilleurs résultats. Le prof de MAO du Conservatoire où je travaille parvient à des résultats intéressants sous Pro Tools avec Symphony Essentials, donc ça se fait !
    – Si le chronomètre est contre toi et que tu as du budget, tu peux vouloir investir dans des instruments samplés plus en profondeur, ou des instruments à modélisation physique, qui ont des possibilités d’expression beaucoup plus fines. Dans un cas comme dans l’autre, il n’y a pas de « meilleure » banque. En revanche, il y a des banques plus adaptées à ce que tu souhaites produire que d’autres, et c’est vraiment ça la question à se poser. Ainsi, la question du timbre est décisive : CineBrass sera plus « épique » que Spitfire Symphonic Brass qui a en revanche une capacité pour les lignes douces tout simplement impossible à atteindre avec CineBrass. Cinematic Studio Strings va sonner très romantique avec un vibrato à la Korngold, CineStrings très neutre mais très ample dynamiquement, Spitfire Symphonic Strings moins expressif que CSS mais avec plus d’articulations, etc. Chaque instrument samplé vient avec une intention musicale qui va directement affecter le timbre, mais aussi les choix d’effectifs et d’instruments, les nuances et les articulations disponibles. Sur du métal sympho, des solutions d’ensemble type Red Room Audio Palette (pour la versatilité) ou Orchestral Tools Metropolis Ark (pour la puissance) sont envisageables (je ne suis pas super fan du son très traité d’Albion One, Sonuscore the Orchestra est très superficiellement samplé, OT Inspire ne sera pas adapté pour de l' »épique »), là où sur des orchestrations plus classiques je ne me permettrais pas d’utiliser des patches d’ensemble sauf en layering pour de la « glue ». Cas opposé : imaginons que tu aies juste besoin d’un saxophone, très exposé, qui joue des lignes virtuoses, je ne vois pas ce que tu pourrais faire sans modélisation physique (Sample Modeling). Donc il faut être très clair sur ses projets musicaux, se renseigner sur l’offre existante, et voir quel produit permet de relier les points.

    En te souhaitant bon courage dans cette aventure passionnante et prenante,
    Raphaël.

    0
    en réponse à : Tuto logic pro x gratuit #988

    Ghandizilla
    Participant

    J’ai fait la migration vers Reaper la semaine dernière, à la base pour me permettre d’avoir de meilleures vues d’ensemble sur mes projets par rapport à ce dont je dispose sous FL Studio ; c’est tout chaud, le template orchestral a été finalisé avant-hier, et j’ai encore tous les track templates à créer (band, choir, jazz…). (Un track template est une « portion » de template que l’on peut intégrer à un projet « à la volée » avec tous les routings et paramètres associés.) Ce fut très rapide à mettre en oeuvre : un template orchestral « minimal » remplissant 105 pistes avec pléthore de contrôles VCA, de sorties auxiliaires et de busses, ça m’a pris environ deux heures à créer. Quatre fois plus rapide que la création de l’équivalent sous FL Studio, grâce notamment à la matrice de routage et à la création automatisée des pistes MIDI. (Et beaucoup moins gourmand en CPU à vue de nez.)

    – L’apprentissage m’a pris 34 vidéos (les 30 de la formation de base, 2 en plus pour des fonctions avancées d’édition MIDI, et encore 2 pour le sidechaining). Le site officiel propose en effet des dizaines de vidéos détaillant les fonctions plus avancées, outre la formation de base. La durée totale de visionnage a été de 6h. Ca m’a pris en réalité deux jours parce qu’il fallait bien tester les fonctionnalités au fur et à mesure. Donc c’est le genre de migration pour laquelle il faut compter deux jours de formation (gratuite). La communauté est très réactive sur les forums pour ce qui est support, mais il n’y a pas de « vrai » support commercial. Néanmoins, on parle d’un logiciel qui peut être utilisé indéfiniment sur le modèle de Winrar, et dont la licence ne coûte que 60$ ! Pour la prise en main, l’interface a beau être moche et les menus très fouillis parce que très exhaustifs, les choses sont suffisamment systématiques, interconnectées et cohérentes pour s’y retrouver, sans compter que l’on peut tout personnaliser, que la moindre icône, le moindre raccourci clavier, est ajoutable/modifiable/retirable (j’ai ainsi « aligné » en quelques minutes mon MIDI Editor sur le modèle du piano roll de FL Studio). Dans tous les cas, ça ne coûte pas un rond à tester pour que l’utilisateur potentiel avise si ça lui convient. De mon côté, aucune difficulté de prise en main après deux jours de formation.

    – Reaticulate fonctionne très très bien, mieux que BRSO Articulate sous FL Studio, qui repose sur du color mapping. Ici, on est plutôt sur le même modèle que les expression maps de Cubase en fait. De nombreux presets ont déjà été fournis par les utilisateurs (CSS, Spitfire Orchestra, Albions, Hollywood Orchestra…) alors que l’extension n’a que deux mois (!), ce qui fait que je n’ai même pas eu besoin d’assigner les keyswitches manuellement, donc mise en oeuvre très rapide. Je charge l’extension sur une piste, je choisis la banque concernée parmi les presets, et basta. J’ai juste perdu une heure avant de comprendre comment installer le machin (il faut avoir les extensions SWS et Reapack de Reaper installées au préalable, et de là ça s’installe depuis un dépôt, comme sous les distributions Linux sur base Debian, l’avantage étant que ça se met à jour automatiquement, contributions d’utilisateurs inclues). On regrette en tout cas que ce ne soit pas implémenté par défaut, bien qu’il ait été confirmé que la fonctionnalité « Expression Maps » sera intégrée par défaut dans Reaper 6, rendant par là le plug-in Reaticulate obsolète.

    – Le MIDI Editor fonctionne comme sous Cubase : on y affiche des CC et articulations lanes (sans avoir besoin de les assigner manuellement comme dans FL Studio). Le routing Kontakt pareillement, comme sous Cubase : en deux clics le logiciel crée automatiquement les outputs correspondant aux sorties de Kontakt (là aussi, plus simple que FL Studio).

    – Les fonctions de Cubase qui nous intéressent le plus en tant que compositeurs travaillant sur de gros templates orchestraux, comme « freeze track » ou « save FX chain », existent aussi sous Reaper. Il y a aussi des fonctions spécifiques : le fait que chaque piste soit à la fois MIDI et Audio (donc on peut ajuster des paramètres MIDI en fonction d’une sortie audio). Et des trucs très puissants côté interface (grouping) ou audio (stretch markers).

    – Il y a un Notation Editor, mais il est encore plus spartiate que celui de Cubase. Idem pour le support vidéo : c’est minimal, mais ça me suffit. Tout ce qui est surround et image 360° commence tout juste à être intégré. Bref, on ne s’épargnera pas Sibelius ou Nuendo si on veut des choses complètes à ces niveaux.

    0
    en réponse à : Tuto logic pro x gratuit #985

    Ghandizilla
    Participant

    J’ai entendu de bonnes choses sur Groove3 pour débuter sur Cubase 9, et je m’étais moi-même formé il y a quelques années à une ancienne version (je crois que c’était la 7) en utilisant Groove3. Je conseille de prendre carrément un pass et d’aller ratisser l’ensemble du catalogue, très bon sur tout ce qui est software.

    Mention spéciale à Reaper, qui fournit une formation complète gratuite directement sur son site, ce qui m’a grandement facilité la migration vers ce séquenceur extrêmement customisable.

    0
    en réponse à : Entrer dans l'industrie #965

    Ghandizilla
    Participant

    > (e) n’écrire que de la musique orchestrale est un handicap (et réciproquement : la versatilité est un atout)
    > et dans le style à la mode… Il faut savoir s’adapter aussi !

    On peut aussi nuancer cela. Mike Verta, je ne sais plus dans quelle masterclass (je crois que c’est dans Unleashed 1), explique que dans les cas où un mec a le malheur de mettre dans son portfolio un genre de musique qu’il n’aime pas écrire (par exemple : du sound design à la Zimmer), il va certainement se faire recruter pour ça, et on peut perdre le goût de la musique à force d’être recruté pour des choses que l’on n’aime pas faire.

    Donc savoir s’adapter, oui. Mais à condition d’y prendre un minimum de plaisir ! 😉

    0
15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 55)

Gardez le contact !

249FansJ'aime
92SuiveursSuivre
361SuiveursSuivre
3,270AbonnésS'abonner