Comment devenir compositeur de musique à l’image ?

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Ceci est un article écrit à l’origine par le compositeur Ned Boulahassa ici:  « Scoring for Film & TV » Je l’avais trouvé hyper instructif, étant moi-même au début de cette (longue) route 🙂 merci à lui de m’avoir autorisé à le traduire !… Dan

  1. De quoi ai-je besoin pour commencer à travailler dans ce domaine ?
    Premièrement il faut travailler la patience et la confiance en soi. Cela peut prendre plus de 5 ans avant que vous ne commenciez à avoir des commandes intéressantes et bien rémunérés. C’est la réalité dans la plupart des entreprises n’est-ce-pas ? Quand votre téléphone ne sonne pas pendant des jours, que vous ne recevez aucun mail pour le travail pendant des semaines.. Il est important de continuer à croire en vous et à votre valeur en temps que compositeur…
    Ne pas avoir de travail veut peut être dire que vous devez vous améliorer, (ce qui est toujours le cas..) mais ça veut aussi et surtout dire que vous n’avez pas ou peu de réseaux..
    Il faut être bon en communication, les producteurs et réalisateurs veulent être sûrs que vous êtes sérieux et qu’ils peuvent compter sur vous. La première chose qu’ils observent c’est si vous répondez rapidement à leurs questions. Ils seront également très soulagé s’ils peuvent dire que vous les écouter réellement, que vous prenez des notes et que vous leur demandez de répéter si ce n’est pas clair. Ne prétendez pas comprendre quelque chose de déroutant, surtout si ça vient de réalisateur, ou vous risquer d’aller dans une mauvaise direction et de faire perdre du temps à tout le monde.
    Assurez vous aussi du bon fonctionnement de votre ordinateur, vous ne pouvez pas vous permettre d’un plantage au milieu d’une écoute, ou de perdre de précieuses sessions à cause d’un plantage. Surtout si vous travailler pour la télévision car le timing est très serré…
    Si vous ne pouvez pas enregistrer dans votre home studio, trouvez un studio bon marché dans votre ville que vous pouvez réserver facilement, j’ai un ami qui à transformé sa cave en studio. Il a un excellent matériel (micro, ampli) et comme ce n’est pas un studio pro je peux l’appeler 48h avant et on s’arrange pour que je puisse avoir un créneau…
    Etudiez votre domaine, écoutez aux bandes originales de films et à la musique passant à la télé; et aussi toutes les sortes de musique ‘cinématique’ (electro, jazz, classique). Lisez des magasine et livres sur la musique, comme l’excellent livre de Jeff Rona ‘The Reel World’. Vous ne pouvez jamais apprendre assez sur votre métier. Ecoutez les critiques de vos clients, amis et des proches. Vous n’apprendrez rien des accolades ( même si ça aide pour la confiance en soi), mais une critique constructive vraiment écoutée vous aidera à être un meilleur compositeur.
  2. Tout tourne-t-il vraiment autour des contacts, et si ou comment en avoir ?
    Oui les contacts sont très important. Il vous aident à passer la porte, mais le talent et le professionnalisme vous fera rester à l’intérieur. Dans la chaîne de production TV/Cinéma la musique est une des dernières étapes. Au moment ou ils vous contactent, les directeurs et producteurs peuvent être stessés d’avoir dépassé le budget, d’être en retard, de la pression des diffuseurs/distributeurs, etc. Parfois ils peuvent s’attendre à ce que la musique « sauve » leur film/série. Et ils dépensent une somme importante d’argent pour ça, donc ils doivent vous faire confiance. Pourquoi devrait-il prendre un risque avec quelqu’un qui’ils ne connaissent pas ? Il y a beaucoup de chances pour qu’ils ne prennent pas ce risque. Ils seront cependant bien plus ouvert si un de leur collaborateur ou ami parle de vous en bien. Par exemple, le monteur peut dire qu’il à écouté votre démo et qu’il pense qu’elle est super, ou le secrétaire peut parler d’un documentaire qu’il a vu avec votre musique. Peut être que vous avez rencontré le cameraman lors d’une soirée, qu’il a entendu votre demo et que vous avez l’air sérieux. Ce qui m’amène à la deuxième partie de cette question. Vous pouvez vous faire des contacts presque partout, mais les meilleurs endroits sont évidemment des événement dans ce domaine, comme des projections de 1ère de film etc. Des festivals quelque soit leur taille. Vous ne devez pas aller dans de grands festival pour faire des contacts intéressant, en fait il est beaucoup plus facile de parler et de rencontrer du monde dans un festival plus petit. Vous pouvez également chercher à faire partie d’une société cinématographique ou d’un groupe de film indépendant. Il y a en a dans la plupart des grandes villes, vous y rencontrerez des cinéastes et des jeunes producteurs. Les monteurs peuvent être vos meilleurs amis, ils placent souvent des musiques temporaires et ont leur mot à dire dans le choix de la musique. Les réseaux sociaux sont pratiques pour faire des contacts, mais rien ne vaut des rencontres en personne. Essayez de personnalisé votre approche, faites une petite recherche sur les personnes que vous cherchez à joindre. Facebook peut être un bon endroit pour vous faire connaître, vous devez considérer écrire et y mettre des liens vers vos musiques, pas juste des commentaires sur des chats 🙂 Une utilisation intelligente de twitter et d’instagram peut vous aider à vous faire un nom, et peut être amener quelques monteurs ou réalisateurs à vous suivre. Je ne recommande pas d’envoyer un mailing identique à tout le monde..
  3. Ai-je besoin d’un agent ?
    Il est difficile de répondre à cette question. Le type d’agent qui vous trouve régulièrement du travail ne peut être trouvé qu’à Hollywood, et même alors, il ne peut que le faire pour leurs grands clients. Néanmoins, je crois que même si votre agent ne vous fait pas travailler, le fait que vous en ayez un peut vous aider à vous donner une apparence «professionnelle» par rapport à votre concurrence. Notez que j’utilise le mot «peut» ! Parfois, un agent a une bonne connaissance de la loi et peut examiner vos contrats, ce qui peut vous faire économiser le coût d’un avocat. Dans certains cas, votre agent peut également agir comme une sorte de gestionnaire. Ils peuvent vous aider à prendre des décisions sur le type de travail que vous devez entreprendre, que vous deviez ou non prendre un contrat spécifique, ce qui manque à votre démo, ou quel événement ne pas rater en ville. Rappelez-vous, ces personnes passent toute la journée au téléphone et aux réunions, et elles ont une oreille qui traine partout… Il est très utile de pouvoir leur demander régulièrement quels projets sont en cours dans votre ville.
  4. Combien je dois facturer ?
    Cela dépend réellement d’ou vous vivez, le cout de la vie, l’état de l’économie locale aura une réelle influence sur ce que le producteur peut payer. Honnêtement, plus d’expérience vous avez, plus vous pouvez obtenir. J’ai commencé à travailler gratuitement ou pour presque rien, cela m’a aidé à construire un cv et à me faire un cassette démo (c’était il y a quelques années 🙂 ). A mon avis quand on commence il est important de se faire un maximum d’expérience. Si ça veut dire demander moins, ainsi soit il ! Vous ferez de l’argent plus tard ! En même temps que votre carrière évolue, vous apprendrez à être flexible. Vous ferez certains projets uniquement pour l’argent, et d’autres car le contenu vous plait ou parce qu’on vous demande d’écrire la musique que vous aimez. Si vous avez un agent vous n’avez pas à vous soucier de négocier directement. Essayez de demander à votre agent de négocier leur pourcentage sur le budget global qui vous est alloué, ainsi si l’agent vous facture 15% demandez lui de négocier au moins 15% de plus que ce que le producteurs avait à l’esprit. Les royalties sacem peuvent également être important dans votre décision d’accepter un projet. Par exemple vous pouvez accepter de faire une série télé pour moins car vous savez qu’elle sera diffusé partout dans le monde, ou au moins en Europe. Enfin donnez vous toujours à 100% quel que soit le montant. L’argent va et vient, mais votre musique et votre réputation resteront…
  5. Que dois-je mettre sur ma démo ?
    Mettez vos meilleures musiques. Ne vous inquiétez pas d’en avoir trop, car les personnes qui écoutent peuvent toujours avancer rapidement. Si vous n’êtes pas sûr du contenu du projet pour lequel vous lancez, essayez d’avoir une grande variété de style, indiquez que vous êtes polyvalent. Si, d’autre part, vous savez que le spectacle ou le film a un public très spécifique, alors restez concentré dans votre choix. Commencez par quelque chose de punchy et court, comme un apéritif. Si vous le pouvez, évitez de placer 3 pistes à la suite qui se trouvent dans la même tonalité ou le même tempo. Assurez-vous que les pistes sont masterisées correctement afin que l’auditeur n’ait pas à jouer continuellement avec le volume. Ne laissez pas de pops, de mauvais fade out, de bruits d’écrêtage dans votre musique. C’est votre seule chance de faire une bonne impression, prenez le temps de la rendre parfaite. N’oubliez pas évidemment d’avoir votre nom, et vos coordonnées en gras. Vous pouvez également ajouter un lien de téléchargement de votre CV actualisé en format PDF, au cas où ils ne disposeraient pas de votre CV pendant qu’ils écoutent.
  6.  Ai-je besoin d’un site Web et / ou d’une liste de lecture en continu?
    Avez-vous besoin d’un emploi? Bien sûr, vous devriez avoir un site Web. De préférence, éviter ceux gratuits qui sont plein de pub. Pensez-y comme un cv multimédia (CV). Restez simple. Les gens de la télévision et du film ne sont généralement pas aussi geek que vous vous attendez. Assurez-vous que votre mail est très visible. Utilisez un format audio très commun pour vos extraits, comme le mp3. Ne soyez pas timide et mettez une photo de vous-même – il rend votre site plus personnel et on s’en rappelle mieux. Assurez-vous d’avoir une section news ou blogs ou vous annoncez vos derniers travaux. J’utilise Soundcloud pour héberger mes morceaux, mais il existe un certain nombre d’alternatives, comme Youtube.
  7. Comment gérez le son et l’image ensemble?
    J’utilise QuickTime et j’importait la vidéo dans mon séquenceur MIDI / audio (Logic). Le client me donne deux versions du projet, une avec la musique temporelle et une sans, ou une version stéréo avec le dialogue et l’ambiance / fx sur une piste, et la musique temporaire sur l’autre.
  8. Quel logiciel utilisez-vous pour synchroniser l’audio a l’image?
    Logic Audio. D’autres, comme Digital Performer, Cubase, ProTools, etc. (je suis Mac, mais je suis sûr que les logiciels sur PC sont équivalent à Logic – voir Sonar de Cakewalk, par exemple).
  9. Dans quel format dois-je livrer ma musique?
    Quelque soit le format demandé par le superviseur de la post-production. Généralement, pour une série télévisée de petit budget, le WAV stereo fera l’affaire. Ils demandent un bip de synchronisation de 1khz, placé 2 secondes exactement avant la première image ou noir (par exemple, à 09: 59: 58: 00). Pour un long métrage, vous devrez peut-être livrer plusieurs pistes ou groupes de pistes, souvent au format Pro Tools. C’est parce que les réalisateurs et les mixeurs peuvent vouloir avoir la possibilité de retirer une partie de la musique dans votre mix, comme le piano, tout en laissant place aux cordes. Ce sont les types de choix qu’ils peuvent seulement pouvoir faire lors du montage mixage final, lorsqu’ils entendent la combinaison du dialogue, de la musique, de l’ambiance.
  10. Combien de compression dois-je utiliser dans mes mixs?
    Cela dépend du média. Pour la télévision, j’ai tendance à compresser beaucoup. Sur presque toutes les pistes, puis sur l’ensemble du mix. Dans un mix pour la télévision, il est probable que votre musique sera derrière, alors, si vous voulez être entendu, vous devez la compresser. Vous pouvez également enlever un peu les très basses fréquences, car elles ne seront pas entendues sur la plupart des téléviseurs, et elles peuvent simplement apparaître comme une distorsion sur les petits haut-parleurs de télévision qui ne peuvent pas les reproduire. Pour un mix de longs métrages, je serai beaucoup plus doux, mais j’utiliserai encore un peu de compression. Rappelez-vous que votre musique doit toujours rivaliser avec le dialogue et les sons d’ambiances. Bien sûr, vous devez garder de la nuance dans la dynamique pour que votre musique garde la bonne combinaison entre subtilité et énergie, mais assurez-vous également que le public puisse entendre les détails de votre travail.
  11. Quelle panoramique utiliser pour vos instruments échantillonnés / sons synthétisés dans un mix?
    Pour un film TV ou une série, je vais les mettre autour de 60%, car je considère que les monteurs / mixeurs aiment avoir des effets et des ambiances sur les cotés; si c’est pour de l’écoute, alors aussi large que je le veux (réaliste peut être environ 80%, et expérimental sera 100%). J’essaie de fonder mes choix sur ce qui est traditionnel dans un cadre «réel», mais je triche parfois, afin d’équilibrer le mix.
  12. Pourquoi utiliser des samples de haute qualité plutôt que d’embaucher des musiciens de studio?
    Quand je travaille pour la télévision, il y a très peu de temps. À moins d’être une grande série de Hollywood, vous ne pouvez pas embaucher quelqu’un qui s’occupera des problèmes techniques de votre studio, embaucher les musiciens, réserver le studio d’enregistrement, préparer les pièces, modifier les enregistrements, préparer les partitions… Ne me méprenez pas, rien ne peut remplacer un musicien professionnel. Quand j’ai cette chance, j’aime travailler avec eux. Mais c’est généralement pour les longs métrages. Oh, et cela fait une grande différence pour l’émotion de la musique…
  13. Utilise-t-on souvent des samples et des instruments virtuels dans les musiques à la télévision et au cinéma?
    À la télé, c’est très, très commun. Dans les films, beaucoup moins, au moins en ce qui concerne les films hollywoodiens (le budget moyen est de 30 millions? …). Les compositeurs de cinéma indépendants, d’autre part, sont beaucoup plus susceptibles d’utiliser des instruments échantillonnés. Bien sûr, Danny Elfman, Hans Zimmer et co. utiliser des instruments échantillonnés pour des maquettes.
  14. Trouvez-vous votre expérience électroacoustique utile lors du mixage de la musique ?
    Absolument. Tout d’abord, l’étude de l’électroacoustique a changé la façon dont j’entends, pour toujours. Cela m’a ouvert à la possibilité d’utiliser tous les sons dans un contexte musical, pas seulement des instruments «traditionnels». Cela m’a également permis de me sentir plus à l’aise autour de la technologie. Non seulement je suis à l’aise avec les ordinateurs et le MIDI, mais je suis également très à l’aise à l’aide de synthesizers / samplers et des plug-ins d’effet, comme les filtres, le delay, la réverbération, car je comprends comment ils fonctionnent (OK, je ne suis pas un un spécialiste, mais j’ai une bonne compréhension des bases!). En termes de composition, j’ai également appliqué une partie de mon expérience électroacoustique dans la création de textures évolutives et à la création de tensions. Enfin, cela m’a fait un meilleur mixeur.
  15. Quelle est votre expérience avec les réalisateurs ?
    En général, fantastique. Ils sont toujours à fond dans leur travail, et vous pouvez apprendre beaucoup avec eux. Souvent, ils n’auront pas une compréhension profonde de la musique, mais ils auront un excellent instinct artistique. Ils pourraient suggérer quelque chose qui vous aurait d’abord gêné, mais qui finalement rend la scene meilleure, et donc le film.
  16. Comment faitre un bip de synchronisation de 1khz?
    J’utilise l’échantillonneur EXS24 par défaut, et d’autres synthé / samplers comme Trilian de Spectrasonic, par exemple,  avec  une sinusoïdale. Puisque A3 est 440 Hz, B4 sera à peut pret à 1 Khz (vous ne devez pas être exact!). Faites une note staccato, puis modifiez-le pour qu’il soit long d’une frame avec votre éditeur préféré réglé en mode SMPTE.
  17. Dans une scène ou devrais-je placer la musique et où devrais-je le laisser du silence ?
    Il n’y a pas de réponses faciles à cela. Si le monteur / réalisateur a déjà placé une musique temporaire, ce sera votre première feuille de route. La plupart du temps, ils ont de bons instincts et feront de bons choix. Bien souvent, vous pouvez ajouter ou enlever de la musique dans une scène et essayer de les convaincre que c’est une bonne idée. Vous pouvez penser que la musique devrait apparaître quand il n’y a pas de dialogue, mais la vérité est que cela dépend vraiment de beaucoup de facteurs: est-ce qu’il y a eu beaucoup de musique avant cette scène particulière? Si c’est le cas, vous voudrez peut-être laisser un peu de silence pour que le public se remette. Beaucoup de gens, y compris moi-même, estiment que le silence est aussi musical que le son et peut certainement avoir autant d’impact; le dialogue qui a-t-il précédé cette scène était-il intense? Dans l’affirmative, il est préférable de laisser le public dans le calme un instant; Y a-t-il beaucoup d’ambiance ? Votre musique pourrait être noyée de toute façon, il est donc préférable de laisser l’atmosphère sonore seule. Souvent, la musique est utilisée pour le timing et / ou pour des transitions. Vous pouvez mettre une note qui suit un scène de voiture , un personnage qui monte une colline pour rencontrer quelqu’un, ou pour une série de fades de la journée d’un personnage dans une ville. La musique peut également être utilisée pour souligner l’émotion, mais c’est l’un des domaines les plus difficiles. Ajoute trop de tristesse à une scène déjà triste et tu pourrais perdre l’intention. Une façon de vérifier ceci est de regarder la scène sans musique – est-ce que ça reste triste? Si oui, alors vous voudrez peut-être décider de faire quelque chose de plus subtil. C’est comme une cuisine à la feta: avez-vous vraiment besoin d’ajouter du sel? !! Je n’aime pas les règles moi-même, mais une chose que j’essaie de ne pas faire, c’est d’utiliser de la musique avec un fort contenu mélodique dans le dialogue. Cela entraînera souvent une compétition pour l’oreille du public, et vous pouvez parier que dans le mix final, on enlèvera votre musique. Le but est que le réal veut que le dialogue soit compris, alors assurez-vous que votre musique soit plus en fond quand il y a des dialogues. N’oubliez pas que vous pouvez toujours trouver des exceptions à ces conseils… Essayez de laisser des trous dans votre musique. Vous seriez surpris de voir combien un score peut être intéressant s’il respire plus. Cela crée également des tensions, et la musique a la tension (et la résolution) à son cœur. Dans un film ou une émission de télévision, il y a déjà d’autres sons qui remplissent l’espace, et nous pouvons les entendre pendant les pauses musicale, de sorte que vous ne devez pas vous soucier des temps morts.
  18. La musique devrait-elle exister par elle même ou est-elle juste là pour ajouter à l’histoire / les images?
    Je suppose que cela dépend du type de scène. S’il y a un narrateur expliquant quelque chose au sujet de la musique, alors on devrait l’accompagner. Gardez à l’esprit que l’écriture pour l’image est une collaboration. Ce n’est pas seulement votre musique. Votre score fait partie d’un ensemble plus vaste qui comprend le dialogue, les effets sonores, l’ambiance et les images. Bien sûr, il y a des moments où la musique est si puissante qu’elle prend le dessus. Mais c’est une exception. La musique peut être l’élément le plus important pendant les transitions, les scènes de danse, les courses en voiture, les montages poétiques et, bien sûr, pendant les crédits d’ouverture et de fermeture. Je pense que si votre musique aide le public à comprendre et à ressentir le film ou le programme, vous avez bien fait votre travail et vous pouvez être fier (oh, et vous serez également réembauché). Veuillez garer votre ego à la porte!
  19. Est ce que vous composez un thème et quelques variations, ou chaque section du film devrait-elle avoir son propre thème?
    C’est le genre de question difficile à répondre parce que les deux peuvent fonctionner. L’un des avantages de l’idée de thème et de variation est qu’il rend le score homogène, organique. Chaque scène coule de la même source. Cela peut aider à lier différentes parties narratives ensemble. Mais ça peut être difficile de bien le faire. Tout d’abord, le thème original doit être assez riche pour pouvoir inspirer une grande variété de variations. Maintenant, riche ne signifie pas nécessairement complexe. Certains thèmes sont très simples, tout en produisant un grand nombre de variations (pensez à la 5ème symphonie de Beethoven). Quand je commence un nouveau projet, j’aime trouver 5 ou 6 thèmes différents. Si le directeur aime cela, alors je sais que je peux faire des variations sur eux et qu’il y des chances qu’il les aimera aussi. Afin de garder les choses «organiques», je peux décider dès le départ de me limiter à quelques instruments, à un monde musical. De cette façon, mes thèmes peuvent être très différents, mais ils viendront du même endroit.
  20. À quelle fréquence le directeur va-t-il entendre ce que j’ai fait?
    Les administrateurs préfèrent plus souvent Skype ou FaceTime ces jours-ci. Au lieu d’écouter en studio avec moi, ils préfèrent que je leur envoie les pièces synchronisées en Quicktime pour que chaque scène soit approuvée. J’utilise Dropbox pour envoyer et recevoir ces types de fichiers volumineux. J’aime alors être en contact avec eux tous les 3-4 jours, en particulier au début du processus, donc je ne perds pas de temps à écrire un tas de musique qui pourrait être rejetée.

Ned Bouhalassa est un compositeur de musique de film basé à Montreal, il compose à plein temps depuis 1997.

PS: Voila quelques autres articles intéressants sur le sujet:
http://www.huffingtonpost.fr/patrick-sigwalt/compositeur-de-musique-de-films_b_8445034.html
https://xaviercollet.com/2011/04/07/devenir-compositeur-de-musique-a-limage-en-10-lecons-lecon-1-restreindre-le-materiau-thematique/

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